Droits humains au Mexique – Affaire Wallace (27 oct. 2018)

Source : Los Ángeles Press
Auteure: Guadalupe Lizárraga
Le  27 octobre de 2018  (Version originale en Espagnol publiée le 22 août 2018)
Traduction: Sandrine Blanvillin

 

La députée de la ville de Morena propose un espace de discussion pour écouter les victimes de fabrication de coupables

Suite à l’audience qui a révélé la fabrication de l’enlèvement et du meurtre d’Hugo Alberto Wallace Miranda, devant le Tribunal international de conscience des peuples en mouvement, la députée fédérale de MORENA, Maria de los Angeles Huerta, a proposé la création d’un espace de discussion pour donner de la visibilité et créer une base de données des victimes de fabrication de coupable au Mexique – une pratique systématique depuis 2001 dans un système d’application de la justice qui a désintégré des milliers de familles.

La députée De los Ángeles Huerta est la seule élue qui soit venue à l’audience afin de connaître la situation des cas de torture et d’emprisonnement injustifié. A la fin de l’audience, devant les organisations sociales qui partaient à la fermeture de la journée éthique, la députée a pris la parole pour proposer la création d’un espace de discussion, et avoir une idée approximative du nombre de cas de personnes innocentes qui sont emprisonnées depuis des années sous de fausses accusations et sans jugement, comme Brenda Quevedo Cruz et Jacobo Tagle Dobin, ou encore des individus dont l’innocence n’a pas été reconnue bien qu’ils soient en liberté, comme dans le cas de la citoyenne française Florence Cassez ou du citoyen espagnol, Arturo Bargueño, parmi des centaines d’autres cas.

 

La députée De los Ángeles Huerta, avec l’épouse de l’activiste José Humbertus, qui a été faussement accusé, en représailles pour avoir dénoncé la fraude immobilière dans l’Etat de Mexico. Photo : Los Ángeles Press.

Pourtant, certaines personnes parmi les représentants des organisations présents lui ont interdit de parler en critiquant directement López Obrador sur le thème du nouvel aéroport. La députée a donc quitté la réunion, et a été invitée par une des procureures du Tribunal international de conscience et quelques membres de familles de victimes à poursuivre la conversation dans un autre lieu publique. Des journalistes, des familles de victimes et des activistes sont venus, et la députée a continué la conversation concernant sa proposition avec eux.

Un premier répertoire des familles de victimes a été rédigé. L’Association canadienne pour le droit et la vérité (En Vero) – avec pour représentant son président, David Bertet – ainsi que les journalistes Guadalupe Lizzáraga et José Reveles – qui étaient également présents lors de la réunion – ont été invités afin de donner suite à la proposition de la députée et offrir de la visibilité au travail déjà réalisé sur le sujet.

La députée de Morena a invité les participants à formuler une déclaration citoyenne « suffisamment forte pour faire de ce thème un sujet publique qui soit clairement défini et intégré à l’agenda social et politique comme quelque chose qui doit être résolu demain ». Elle a offert un espace législatif avec la commission correspondante pour inclure tous les cas de fabrication de coupables qui se présenteront à son cabinet, et promouvoir une issue digne et conforme au Droit pour les victimes.

L’objectif de l’espace de discussion serait de faire connaitre les cas de fabrication de coupables et les cas de torture survenus au cours des dix-huit dernières années au Mexique, ainsi que la création d’une base de données à partir du travail des différentes organisations civiles et des familles des victimes afin d’aborder le problème d’un point de vue législatif et de la politique générale. En effet, avec la loi actuelle sur la Sécurité intérieure, nous avons vu que le délit de « Délinquance organisée » était une arme facile à utiliser par les autorités judiciaires pour fabriquer des délits sans enquête approfondie.

Un autre point qui a été discuté autour de la table est le rôle des médias qui ne sont pas sanctionnés lorsqu’ils participent aux diffamations et calomnies systématiques des victimes de fabrication de coupables, comme ce fut le cas pour les frères Vallarta ou encore pour Nestora Salgado, qui bien qu’ayant été acquittés, font toujours l’objet de déclarations diffamatoires à la télévision. Ces médias ont fait la part belle à Isabel Miranda Torres, qui s’est présentée comme l’une des principales accusatrices au service du gouvernement depuis Vicente Fox jusqu’à Enrique Peña Nieto.