Affaire Wallace (18 mai 2019)

Source: Los Ángeles Press
Auteure: Guadalupe Lizárraga
Le 18 mai 2019 (
Publication originale le 22 abril 2019)
Traduction: Emmanuelle Gauthier-Lamer

 

Le père biologique d’Hugo Alberto Wallace confirme la fabrication de l’enlèvement et la triple identité de son fils.

Un troisième acte de naissance et CURP au nom d’Hugo Alberto León Miranda, ainsi qu’un échantillon d’ADN, d’un certificat de naissance et du témoignage de son père biologique, confirme — sans l’ombre d’un doute — que Hugo Alberto Wallace Miranda n’a été ni enlevé ni assassiné le 11 juillet 2005 et qu’il est le fils biologique de Carlos León  Miranda, cousin frère de Maria Isabel Miranda Torres, ” la señora Wallace”. Depuis la fabrication de l’enlèvement, Isabel Miranda a déclaré devant le ministère public, les juges fédéraux et les médias que son fils Hugo Alberto est le fils biologique de l’homme d’affaires nicaraguayen José Enrique del Socorro Wallace Díaz, et que les preuves scientifiques basées sur l’analyse ADN d’une goutte de sang d’un centimètre obtenue sur le lieu présumé des événements sept mois après, en déterminant sa compatibilité avec Wallace Díaz et Miranda Torres, étaient une preuve flagrante du meurtre de son fils.

Cependant, le doute l’emportait parce que dans le résultat d’analyse d’ADN fourni le 20 mars 2006, l’expert en génétique légale Yanet Rogel Montes de Oca a précisé que les profils génétiques correspondaient à deux chromosomes sexuels homologues: XX (femme), et non XY (homme), autrement dit qu’il s’agissait du sang d’une femme. Devant la remise en cause de la défense des inculpés, après la ratification de l’expert devant le juge fédéral, celle-ci s’est justifiée en disant qu’il s’agissait d’une “erreur de frappe”, bien qu’avant la remise en cause, elle ne l’ait pas mentionné. Le résultat a également été cautionné par le QFB Xóchitl Adriana Félix López, qui a signé le document comme “expert professionnel à génétique médico-légale’, en feuilles avec en en-tête les sceaux officiels du bureau du procureur général de la République, même date du 20 mars 2006.

L’avocate Ámbar Treviño, qui a servi de défense des accusés et qui , en guise de représailles, a été illégalement emprisonné pour des crimes fabriqués en 2010, a remis en question “l’erreur de frappe” de l’analyse du bureau du procureur général de la République, et elle réaffirme aujourd’hui dans une entrevue au Los Angeles Press que dans ce type d’analyse, “il ne peut y avoir d’erreur de frappe puisque cela change la signification du test”.  L’avocate Treviño souligne qu’une lettre change le sexe, tandis que l’experte s’est excusée jusqu’à ce qu’elle s’interroge et ajoute qu’il n’y a jamais eu de graphiques qui soutiennent ledit test génétique: ” Comment peut-on croire ce que l’experte dit si ces graphiques n’existent pas?” Lorsque interrogée en audience judiciaire, l’experte répond qu’elle n’est pas au courant de ce qui est advenu des graphiques du test génétique et qu’elle les aurait déjà remise. Cependant, ils n’ont jamais figuré au dossier et l’avocate réitère: ” le graphique est non seulement important, il est essentiel. Un résultat logique et nécessaire pour tout test génétique”.

Cette seule preuve médico-légale, même si elle n’est pas convaincante, en raison des conditions et du temps pris pour sa collecte, a maintenu le cas suspendu, grâce aussi à la dissimulation des juges, et a permis à Isabel Miranda de soutenir le mensonge sur la paternité biologique de son fils, afin d’affirmer qu’Hugo Alberto a été assassiné et démembré dans les toilettes du Perugino Numero 6, département 4, de l’arrondissement Extramadura Insurgentes, dans la ville de México. Lieu où résidait l’accusée Juana Hilda González Lomelí, laquelle a été torturée et agressée sexuellement par les agents ministériels Braulio Robles Zúñiga et Fermín Ubaldo Cruz, le 8 février 2006, la forçant à incriminer Brenda Quevedo Cruz, César Freyre Morales, Albert et Tony Castillo Cruz, Jael Malangón Uscanga et Jacobo Tagle Dobín, pour une photo de leur département où ils posaient ensemble devant l’église de Chalma, dans l’État du Mexique, et qui ont été ensuite persécutés et détenus illégalement par Isabel Miranda et son frère Roberto Miranda, accompagnés par des ministres du SIEDO-PGR.

 

La triple identité d’Hugo Alberto

L’acte de naissance au nom d’Hugo Alberto León Miranda est le deuxième acte officiel émis par Carlos León Miranda et María Isabel Miranda Torres, à la délégation Xochimilco du bureau officiel 0032, le 10 octobre 1970, dans le Livre numéro 11, sous le numéro 300. Grâce à ce certificat, Hugo Alberto Alberto a traité son CURP le 24 février 2010, la même date à laquelle il a également traité le CURP au nom de Hugo Alberto Miranda Torres, soit le nom sous lequel sa mère l’avait enregistré le 15 janvier 1970, au district fédéral avec de faux noms de parents et grands-parents. Sur le certificat, copie originale du livre, le nom du père apparaît comme Fausto Miranda, qui serait selon toute vraisemblance le frère, et le nom de la mère Isabel Torres, le nom paternel d’Isabel ayant été supprimé afin de ne pas enregistrer Hugo en tant que mère monoparentale. Un troisième acte de naissance a été émis sous le nom de Hugo Alberto Wallace Miranda, six ans après sa naissance, le 19 novembre 1975, dans la municipalité de Texcoco, au bureau officiel 001, livre 12, numéro d’Acte 2371.

Los Ángeles Press a obtenu d’autres preuves de paternité et des témoignages qui révèlent l’identité originelle d’Hugo Alberto. Une preuve documentaire supplémentaire provient de l’acte de naissance de son père biologique, Carlos León Miranda, dans lequel est précisé qu’il est le fils de Carlos León Sánchez et María Guadalupe Miranda Romero, et qu’il est né dans la municipalité de Tejupilco, État du Mexique, le 4 décembre 1941 à 13 heures. Neuf jours plus tard, l’acte de naissance et de reconnaissance a été établi au bureau d’enregistrement civil de cette commune. Ce certificat prouve que María Guadalupe Miranda Romero (mère de Carlos et grand-mère de Hugo Alberto) est fille de Fausto Miranda et María Isabel Romero, deux parents de Fausto Miranda Romero, père de María Isabel Miranda Torres.

Selon les témoignages, María Isabel Miranda Torres, 16 ans, et  Carlos León Miranda, 26 ans, sont cousins germains et vivaient avec leur tante María Guadalupe Miranda Romero, laquelle a payé ses études de secrétariat à sa nièce, lorsqu’ils commencèrent à avoir des relations sexuelles. Le père d’Isabel, Fausto Miranda, ainsi que ses frères et soeurs ont réalisé ce qui se passait lorsqu’Isabel est tombée enceinte, et ont menacé Carlos León pour qu’il reste loin d’elle. Toutefois, les deux cousins ont continué la relation et se sont mariés à Amecameca, dans l’État de México, en 1970. Mais ils ne sont pas restés en couple plus que quelques mois, en raison notamment de leurs différences mutuelles, en plus de la colère du père d’Isabel et des menaces de morts des frères envers leur cousin.

« Je l’ai épousée. Qu’on soit cousins, ouais, mais ça n’a rien à voir avec ça. Je voulais bien faire les choses, dit Carlos León Miranda. J’ai parlé à ses parents, ils m’ont dit d’aller me faire foutre et ils m’ont même menacé de me tuer. Nous nous sommes mariés à Amecameca, dans l’État de México, et avons enregistré Hugo à Xochimilco, mais son père et ses frères ne voulaient pas me laisser tranquille. »

Le père biologique d’Hugo Alberto a désormais 77 ans, vit dans la ville d’Ensenada, en Basse-Californie, et continue de pratiquer la médecine homéopathique. Outre le bureau pour les consultations, il dispose d’une pharmacie Natura Vital, qui vend des produits naturels. Il vit dans cette ville depuis le 7 juin 1986, moment où il est arrivé avec María Guadalupe Ortega Vélez, avec qui il a vécu pendant 13 ans dans cette ville et eut leur fils Carlos León Miranda Ortega.


La première femme du père d’Hugo Alberto fut Alicia Rodríguez Tinoco, qu’il rencontra dans l’arrondissement Roma, à México city, avec laquelle il eut trois enfants: Amílcar, Carlos Ernesto et Máximo Antonio Miranda Rodríguez. Amílcar, a été élevé par la mère de Carlos León, parce qu’Alicia travaillait comme domestique et la mère de Carlos n’a pas accepté qu’elle fasse partie de la famille. Puis, en 1967, il a accueilli Isabel Miranda, alors qu’elle avait 16 ans, pour l’aider dans ses études. Deux ans plus tard,  Isabel a eu Hugo Alberto le 12 octobre 1969. Le 15 janvier 1970, elle l’enregistra sous le nom de Hugo Alberto Miranda Torres, en utilisant de faux noms dans l’état civil, et le 10 octobre 1970, lorsqu’Hugo Alberto eut un an, elle le réenregistra avec les noms de famille de León Miranda, alors qu’elle était encore mariée à son cousin.

Quelques mois plus tard, Carlos et Isabel ont mis fin à leur relation avant même de célébrer leur premier anniversaire de mariage. Il lui a demandé le divorce parce qu’il avait une nouvelle partenaire avec laquelle il voulait formaliser sa relation, l’infirmière María Guadalupe Ortega Vélez, qu’il avait rencontrée à l’ISSSTE de Texcoco. Il a eu un fils avec elle, qui est le seul à porter le nom complet de son père. Une quatrième femme, María Luisa Vargas Pérez, entra dans la vie de Carlos León Miranda, avec qui il eut un sixième fils, César Augusto Miranda Vargas, et qui l’accompagne encore aujourd’hui à Ensenada.

 

L’infirmière María Guadalupe Ortega Vélez et le Dr Carlos León Miranda, parents de Carlos León Miranda Ortega, demi-frère de Hugo Alberto. Photo: Courtoisie / Los Ángeles Press